DSC01780Le 21 janvier 2010, nous sommes aller visiter la Scierie de monsieur Bernadicou à Arette acciompagnés de madame Alckermann professeur de Science de la Vie et de la Terre et de madame Goyheneix, professeur d'Arts Appliqués.

Cette visite nous a permis de découvrir les différentes étapes de la tranformation du bois, de l'arrivage des troncs bruts au découpage des planches

Interview copiée du site de la Chambre des métiers et de l'Artisanat des Pyrénées atlantiques (avec la participation du magazine Signé Pyrénées atlantiques)

Du bois dont on fait les hommes

Interview de Valentin Bernadicou (Scieur)

S'il scie, Valentin Bernadicou ne sciera sûrement pas la branche sur laquelle il est as-scie ( !), bien décidé au contraire à enraciner un peu plus l'entreprise familiale.

« J’adore la forêt mais je n’y met plus les pieds » regrette Valentin Bernadicou…Il ne peut pas tout faire, déjà, là, il est en vacances et me reçoit chez lui devant une montagne de paperasses qu’il faut bien regarder.
Valentin Bernadicou, fils de Pierre, petit-fils de Pierre-Calixte, arrière-petit-fils de Modeste quatrième génération dans le village d’Arette, « scie depuis l’âge de douze ans » et en fera bien sûr son métier. C’est Modeste qui installe la scierie avec une « scie battante actionnée par turbine à eau pour sciage à façon », et c’est Pierre, le père de Valentin qui développera l’autre branche ( !) de l’activité familiale : l’exploitation forestière.
Valentin quant à lui partira à Dax faire une formation d’affûteur : « le poste le plus délicat dans la scierie puisqu’il faut maîtriser parfaitement l’affûtage des lames ». S’il avait eu un frère, c’est sûr, Valentin lui aurait laissé la scierie et aurait choisi l’exploitation forestière, « parce que l’exploitant forestier est le jardinier de la montagne » dit-il avec comme un nuage rêveur dans ses yeux bleus. Las, la forêt, il n’a plus guère le temps et ce sont deux indépendants qui s’occupent de « débarder » puis transporter le bois jusqu’à la scierie. Il touche à toutes les essences de bois, Valentin, et s’il exploite surtout les forêts de sapins et de hêtre communales gérées par l’ONF, il achète peuplier, frêne, châtaignier, merisier chez les particuliers. Un métier délicat puisqu’il faut faire l’estimation des lots avant de les acheter. « Ca nécessite une grande connaissance et beaucoup d’expérience du bois » puisque parfois: « on se fait « couillonner » par les bois gélifs, gelés à l’intérieur et ça ne se voit pas ! »

bernadicou

Le meilleur bois part vers la scierie et la vente en grumes, et le moins bon vers le bois de chauffage : « mais par rapport à la concurrence, je trie encore le bois de chauffage ! Je ne vends que du facile à fendre et l’autre, il part aux papeteries ». La concurrence dans le secteur est en effet rude, il suffit de compter les scieries restantes…Valentin Bernadicou, lui, s’en sort « avec beaucoup d’heures » et en jouant les « plus » : plus de qualité, plus de disponibilité, plus de réactivité. Côté scierie, il s’est fait une spécialité de la charpente en sapin « celui des Pyrénées qui par rapport au sapin du Centre plus courant, est plus solide et plus dur même s’il est plus lourd ». Et puis bien sûr, le charpentier qui a passé commande d’une charpente et doit changer des poutres non prévues et non standards, va trouver une solution rapide chez Valentin : « le sur-mesure, ce qu’on appelle le débit sur liste, c’est notre force, sans compter le choix des meilleurs produits de traitement du bois de charpente, bref une garantie de qualité ».

« Toujours faire au mieux » en direction des professionnels comme des particuliers, ce pourrait être la devise de notre « monsieur plus » sans compter que l’essayer c’est l’adopter, et le bouche à oreille fonctionnant, dès qu’un client s’approche, il devient captif, de la qualité certes, mais aussi de la gentillesse et de la convivialité de Valentin. C’est ainsi que de proche en proche, jouant les « forces de vente » grâce à l’espagnol qu’il pratique pas trop mal, Valentin se retrouve « à l’exportation » : la grume de hêtre trouve preneur vers Pampelune, le frêne à Valence, un autre client au Portugal…Tant et si bien que la scierie de papa ne suffit plus et qu’elle va être réimplantée à l’extérieur du village dans un endroit plus spacieux avec un matériel plus moderne qui permettra de doubler le rendement puisque la scierie Bernadicou d’Arette refuse des commandes !   Marie-Pascale Ollivier