SUD OUEST du samedi 16 mai 2009

André Zanardi témoigne encore et toujours

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L'effet est toujours le même. Quand André Zanardi fait revêtir sa veste de déporté à de jeunes élèves, l'émotion plane. L'ancien détenu d'Auschwitz-Birkenau et de Buchenwald est revenu hier sur les lieux de l'exposition consacrée au 70e anniversaire du camp de Gurs.

Mais l'homme a été quelque peu surpris lorsqu'une de ces lycéennes a de suite trouvé la réponse à la question qu'il pose chaque fois. « Avec quoi est faite cette veste, d'après vous ? », a-t-il demandé. « Avec des cheveux », a rétorqué Doris. Un peu étonné de la rapidité de cette réponse peu évidente, le rescapé a interpellé la jeune fille. « Je l'ai vue à Auschwitz », lui a-t-elle expliqué. « J'y suis allée avec le collège d'Arudy parce qu'on avait gagné un concours », a-t-elle précisé.

« Les poux adoraient se loger dans ces vestes », a raconté André Zanardi. Pourtant, quand il a été libéré par les Russes le 7 juin 1945, le premier geste du très jeune homme qu'il était encore fut de récupérer une veste et un pantalon de déporté.

Les lycéennes, élèves de terminale BEP carrières sanitaires et sociales, ont bu les paroles de l'ancien déporté. « On a travaillé sur la République espagnole, sur toutes ces périodes et les filles ont fait une exposition sur les camps, avec des grattages réalisés avec leur professeur d'arts plastiques. Ces tableaux sont exposés ici, à l'espace Laulhère », signale leur professeur d'espagnol Véronique Annette qui a travaillé sur le sujet avec ses collègues Alain Major (histoire) et Romuald Paulet (arts plastiques).

« Nous sommes également allés au camp de Gurs et à la maison du patrimoine. »